Témoignages
Ines C. (Suite à une excurion organisée par Tunaction pour les enfants de l'INPE):
Dans le cadre de ses activités, TunAction essaie d’aider les enfants de l’INPE à mieux vivre leur enfance (INPE : Institut National de Protection de l’Enfance). Nous avons donc pris en charge les frais de trois excursions à CarthageLand (Hammamet) pour trois groupes d’une soixantaine de personnes chacun (enfants + mamans + éducateurs).
J’ai rejoint le dernier groupe le 4/08/2008 (enfants en placement à long terme chez des familles d’accueil). Un rapport a été transmis au CA mais j'ai ressenti un besoin impérieux de vous faire un petit complément moins formel écrit dans une autre langue : le langage des cœurs.
Bouleversée, touchée et contente tel était mon état à 2h du matin quand je suis rentrée chez moi à Béni Khalled après cet après-midi hors du temps à CarthageLand :
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Bouleversée par 9 heures passées avec les enfants de l’INPE mais que je n'ai pas du tout vu passer ! Autant d'enfants à aider, autant de soins à apporter, autant de choses qu'on peut faire : Taïssir, condamnée quand elle avait 3 mois (elle ne pouvait pas bouger ses pieds et ne voyait pas), a retrouvé aujourd'hui grâce aux soins une motricité partielle de ses pieds et une vue légèrement meilleure (c'est presque un miracle me disait Fethi l'assistant social !).
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Touchée et admirative face au courage de ces femmes qui vivent un combat quotidien et qui sont des sources intarissables d'amour sincère. Certaines passent leurs journées dans les hôpitaux dans l'espoir de soigner l'handicap voire les handicaps de « leurs » enfants.
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Contente d'avoir été aussi proche des enfants (je vous montrerai mes deux fiancés sur les photos : Sabri et Mohamed : ) ) et des éducateurs de l'INPE avec qui j'ai passé des moments fort agréables et sympathiques !
Cyril V. :
Pourquoi ou plutôt pour qui témoigner ici ?
Pour tous ces enfants qui n'ont qu'un seul besoin : être aimés pour
ce qu'ils sont, à savoir des personnes à part entière, des personnes ni
plus ni moins différentes de personnes dites "valides" que des personnes
blondes ne le sont de personnes brunes.
Et pour tous ces adultes chargés de les aider à devenir eux-mêmes des
adultes qui se sentent libres à l'intérieur et considèrent leur
handicap comme une pure condition extérieure.
J'ai 38 ans et travaille actuellement dans une société d'informatique
après avoir traîné mes guêtres sur les bancs de l'Université pendant
plus de dix ans et passé une thèse en informatique linguistique.
Dès le départ, j'étais pourtant "mal parti" comme on dit, puisque
j'ai du être réanimé à la naissance, ayant perdu dans l'affaire quelques
neurones qui peuvent se révéler bien utiles dans la vie courante ...
Heureusement pour moi, à peine âgé de deux ans, mes parents ont eu la
bonne idée de "monter à la capitale" (nous habitions alors une petite
ville de province) pour me faire examiner par un grand professeur de
Paris. Celui-ci diagnostiqua un handicap moteur des membres supérieurs
définitif mais non évolutif, et leur conseilla de m'éduquer comme les
autres enfants et de me scolariser normalement.
Mes parents eurent vraiment la bonne attitude envers moi, même si
souvent je leur en ai voulu plus ou moins consciemment d'être si exigeant
avec moi. Il est si facile quand on naît avec un handicap de profiter
de la bonne volonté des autres à vouloir aider et tout faire à votre
place, et de finir totalement assisté ...
Grâce à mes parents, qui n'ont jamais fait de différence entre moi et
mes deux soeurs, qui m'ont toujours poussé à faire comme elles, qui
m'ont obligé à me débrouiller tout seul, grâce à mes deux soeurs et aux
membres de ma famille proche, grâce aussi à mes camarades de classe, à
mes professeurs, à mes amis, je me suis toujours senti à l'intérieur tout
à fait libre de tout handicap, comme une personne à part entière
entière. Par leur attitude juste et aimante, j'ai acquis une grande confiance
en moi sans laquelle je n'aurais jamais pu faire de longues études qui
m'ont permis de vivre de façon totalement autonome.